Avez-vous entendu parler du film « Prends-moi » ?

Alexandre Vallerand

crédit photo Facebook

Lors du dernier Festival international du film de Toronto, le court métrage «Prends-moi» a pris tout le monde par surprise. Ce film de dix minutes, réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette, qui nous avait déjà donné «Inch’Allah» en 2012 et le documentaire «Les petits géants» en 2009, et André Turpin, connu pour son long métrage «Un crabe dans la tête», raconte l’histoire d’une jeune femme atteinte du syndrome McCune-Albright, interprétée par Maxime D. Pomerleau, et d’un jeune homme atteint de paralysie cérébrale, joué par Alexandre Vallerand, qui vivent en CHSLD et qui veulent une relation sexuelle.

En fait, ce film, qui sera présenté au Festival du nouveau cinéma à Montréal le vendredi 10 octobre à 17h à l’UQÀM, surprend pour deux raisons : d’abord, il aborde un sujet tabou, la sexualité des personnes handicapées, puis les deux comédiens sont eux-mêmes handicapés. En entrevue, Alexandre Vallerand nous explique pourquoi il a voulu faire ce court métrage. «Je vis en résidence et Anaïs Barbeau-Lavalette est venue me voir pour discuter de sexualité, explique le jeune homme de 20 ans. Puis, elle m’a proposé de jouer dans le film.»

Il faut dire qu’Alexandre Vallerand n’en est pas à sa première participation à un tournage. En 2012, il incarnait le personnage de Kevin Dufort dans la série «30 Vies», produite par Fabienne Larouche et diffusée à Radio-Canada. Il est membre de l’Union des artistes et a suivi des cours en théâtre à l’École des arts de la scène Nos Voix Nos Visages, il a suivi les cours pour ados à l’École nationale de l’humour, puis au Carré-Théâtre, avec Sophie Stanké.

André Turpin et Anaïs Barbeau-Lavalette ont tourné pendant deux jours dans un CHSLD, une salle de maquillage ayant été aménagée pour l’occasion. «Deux jours, c’est court, mais Anaïs et André sont de vrais pros et ils savaient où ils voulaient aller, confie Alexandre Vallerand. Nous avons tourné des moments très intenses, très intimes et toute l’équipe a été très discrète pendant ceux-ci, pour ne pas gêner Maxime.» Les deux jeunes comédiens ne se connaissaient pas auparavant, ne s’étant rencontrés que pour se préparer. Par contre, Alexandre Vallerand avait été impressionné de voir les voyages de la jeune femme sur sa page https://www.facebook.com/maxime.d.pomerleau. «J’ai été impressionné de travailler avec ces trois personnes!», lance-t-il.

Alexandre Vallerand estime qu’il était important de faire «Prends-moi» parce que la communauté des personnes handicapées a besoin que l’on parle des choses taboues comme la sexualité. Même dans les CHSLD, le sujet est très peu discuté. Certaines institutions proposent une chambre d’intimité, toutefois, elles ne sont disponibles que pendant trois heures. «C’est une réalité qui m’est proche dans ma propre vie, dit-il. Je l’ai vécu chez mes parents, car même pour eux, la question était délicate. En institution, il faut faire affaire avec une travailleuse sociale.»

Le jeune comédien, qui a fait ses armes en humour, avoue qu’il n’existe pas beaucoup de rôles pour les personnes handicapées. «Lorsque les gens me demandent comment j’ai eu le rôle dans 30 Vies, je leur explique que j’ai une formation en théâtre et que Fabienne Larouche tenait à ce que le rôle soit joué par une personne handicapée. Je vois beaucoup de gens dans mon cas qui veulent être comédiens, je leur dis d’aller chercher un agent et de suivre des cours.»

Photo tirée de la production

Photo tirée de la production

Advertisements